Quand «El Mundo» tente d'étouffer la voix des Marocains en Espagne
Le journal espagnol "El Mundo", multirécidiviste dans ses attaques tristement notoires contre tout ce qui est marocain, a de nouveau pointé ses canons en direction de notre pays, choisissant cette fois-ci l'agence MAP et l'un de ses correspondants à Madrid.

 Il a donc fallu la tenue à Almeria d'un congrès sur l'immigration pour que ce journal retrouve soudainement son instinct de renouer avec cette escapade anti-marocaine, de se lancer à bride abattue dans sa relation des faits, empruntant par-ci, des phrases volontairement assassines, par-là, des mensonges outrageusement tendancieux. Voyons les faits.

"Le plus grave, écrivait ''El Mundo'', parlant de ce congrès, est quand un citoyen marocain qui s'est présenté en tant que correspondant de la MAP à Madrid, a pris la parole" (fin citation).

De grâce, en quoi un citoyen marocain vivant de surcroît en Espagne, qui prend la parole lors d'un congrès sur l'immigration, serait-il un fait gravissime ? Pour "El Mundo" donc, un citoyen marocain n'a pas le droit à la parole, a fortiori quand il est correspondant de la MAP ! Il y a là un illogisme effréné qui frôle la petitesse d'esprit, particulièrement quand on sait que l'université d'Almeria, organisatrice du congrès, n'avait comme autre but en prenant cette initiative que de susciter un débat contradictoire sur cette question épineuse de l'immigration. Il n'était donc pas question pour les congressistes d'assister à une série de monologues ennuyeux.

Si à la MAP, nous avons appris à fermer l'oreille aux propos insensés, si nous sommes plutôt enclins à la retenue sereine qu'à la polémique stérile, si notre parcours et notre mission nous suggèrent retenue et pondération, on ne peut néanmoins nous empêcher de nous élever contre ce diktat d'un autre genre qui veut étouffer les voix et atrophier les intelligences.

Et c'est partant de cette culture de retenue qui est la nôtre que le correspondant de la MAP à Madrid, Ida Hassan, n'a fait que relire devant l'assistance des paragraphes de deux articles publiés par ce même "El Mundo", avec dates et numéros à l'appui.

Rien de plus normal que de rappeler à un journal ce qu'il a lui-même publié sur ses propres colonnes, serait-on tenté de dire. Oh que Non ! Pourrait-on nous répondre à la rédaction d' "El Mundo", puisque ce rappel a aussitôt suscité le courroux de ce journal qui a réagi par un long article que nous lui rappellerons un jour s'il y a lieu.
Ou les responsables d'"El Mundo" ont la mémoire courte, et ils peuvent se la rafraîchir en relisant sereinement leurs précédents numéros, ou ils renient leurs propres écrits et se renient donc eux-mêmes, et l'affaire est entendue.

Ce n'est pas leur faire injure que de leur dire que les réflexes revanchards finissent toujours par condamner leurs auteurs à la cécité intellectuelle fatalement dommageable, aboutissent toujours à emprisonner leur pensée, et à les orienter en fin de compte à percevoir et à analyser avec un a priori de méfiance, voire de mépris, donc à partir d'un faux départ que tout professionnel de la communication se doit de récuser.

Source : lematin.ma/25 avril 2005