Julian Assange a échappé pendant sept ans à la fureur des Etats-Unis en trouvant refuge à l'ambassade de l'Equateur à Londres. Il en a été extrait jeudi matin en vertu d'une demande d'extradition américaine pour "piratage informatique".

Cette procédure internationale sera examinée au cours d'une audience le 2 mai prochain.
Julian Assange sera-t-il rattrapé par la justice américaine? Le bras de fer est engagé entre les Etats-Unis et le fondateur de Wikileaks. Arrêté jeudi à l'ambassade de l'Equateur à Londres, ce dernier entend "contester et combattre" la demande d'extradition de Washington qui le considère comme une menace pour la sécurité du pays

 L' Australien de 47 ans est accusé d'avoir aidé l'ex-analyste du renseignement américain Chelsea Manning à obtenir un mot de passe pour accéder à des milliers de documents classés secret-défense.
Mais la procédure est encore longue avant que la justice britannique se prononce sur une éventuelle extradition. La demande américaine, fondée sur des accusations de "piratage informatique", sera examinée au cours d'une audience prévue le 2 mai.

"Le gouvernement doit s'opposer à l'extradition"
De nombreux politiques s'élèvent déjà contre cette procédure. Jeremy Corbyn, le leader du Labour (parti britannique d'opposition), s'est ouvertement opposé au transfert de Julian Assange vers les Etats-Unis. Sur Twitter, il appelle le Royaume-Uni à en faire autant.
"L'extradition de Julian Assange vers les Etats-Unis pour avoir révélé des atrocités commises en Irak et en Afghanistan devrait être rejetée par le gouvernement britannique", a-t-il écrit.
Diane Abbott, députée du parti travailliste, accuse Washington de ne pas poursuivre le fondateur de Wikileaks pour protéger sa sécurité mais parce que celui-ci a mis en lumière des "méfaits commis par l'administration américaine".
Pour la députée, l'extradition de Julian Assange devrait être refusée sur le fondement du respect des droits de l'Homme, tout comme l'avait été celle de Gary McKinnon en 2012, a-t-elle déclaré sur la BBC Radio 4. Ce Britannique s'était introduit dans les ordinateurs de la NASA et du ministère de la Défense peu de temps après les attentats du 11 septembre 2001. Pour des raisons médicales, le gouvernement anglais s'était opposé à son extradition vers les Etats-Unis, où il risquait jusqu'à 70 ans de prison.

Des pétitions contre l'extradition
Plusieurs pétitions en ligne, dont une lancée par Pamela Anderson et signée par plus de 40.000 internautes, interpellent la Première ministre britannique Theresa May et réclament que le gouvernement s'oppose à son extradition.
A Sidney et Melbourne, des manifestations s'organisent en soutien au fondateur de Wikileaks. L'Australie a fait savoir ce vendredi que le gouvernement s'opposerait à ce que Julian Assange soit condamné à la peine de mort s'il était extradé vers les Etats-Unis. La ministre des Affaires étrangères australienne, Marise Payne, a confirmé que dans cette hypothèse "la Grande-Bretagne s'assurerait que Julian Assange n'encoure par la peine capitale", rapporte ABC News.

Ecarter la peine capitale
"J'ai demandé à la Grande-Bretagne la garantie que Julian Assange ne soit pas extradé vers un pays où il pourrait être torturé ou condamné à mort. Le gouvernement britannique me l'a confirmé par écrit", a déclaré le président équatorien Moreno Lenin.
Londres a certifié que c'était sa politique générale et qu'elle s'appliquerait à Julian Assange. Si les Etats-Unis s'engagent à ne pas le condamner à la peine capitale, l'audience du 2 mai pourrait donc bien autoriser l'extradition de Julian Assange.

Source : bfmtv.com/12-4-2019